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Carnet de voyage 2015 #3 – Merano

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De l’autre côté des montagnes alpines, en descendant la suisse par sa face sud, vous arriverez dans le tyrol italien. Une terre frontalière où les langues se croisent et se mélangent, et nous avec… Une fois de plus, une équipe de festival chaleureuse et bienveillante nous a accueilli ; c’était dans la ville de Mérano un de ces jours de printemps de repassage en Italie, Félix et Cléo les enfants étaient du voyage.

Je propose aux plus curieux de leur raconter, la dernière de nos 6 sorties; qui fût un de ces moments magiques… qu’on aimerait conserver de manière la plus fidèle dans nos mémoires.

Nous étions endormis, ou presque, adossés au granit miroir d’une banque suisse, sur une place désertée après la pluie, lorsque un jeune couple curiosifié s’est approché.

Le cello se réveille, et commence par leur offrir un moment musical rapproché… le regard des deux aspirés dans le siphon du pavillon. Les 2 autres compères (basse et violon) tour à tour émergent de leur somnolence, comme appelés par cette mélopée suave et profonde qui résonne sur la place.

L’émerveillement des uns interpelle la curiosité des autres, un petit cercle se crée… La strohbasse s’en mêle ainsi qu’un bouchon rouge égaré sur le parvis. Poussé de la pointe de l’archet, suivant le son des instruments… la musique s’arrête, le bouchon se stoppe, comme un point final à cette errance.

Les regards se lèvent, les bouches sont restées entre,.. voire grandes ouvertes..?!..

Puis, c’est un parapluie rose et sa petite dame sur le côté du cercle, qui retient notre attention. Une bulle de poésie après la pluie, quelques pizz semés sur le pavé… comme une conclusion le parapluie se referme, nous sommes déjà une cinquantaine.

On s’avance sur la place, pour adresser un morceau de musique vers le ciel et les nuages s’écartent.

Nous échangeons un salut avec un homme penché à son balcon, au dernier étage de l’immeuble.

Trois pas de danse pour se retrouver devant un café, et nos gorges sèches trouvent de quoi se ré-hydrater… une bouteille de proséco offerte par la patronne du café… pour l’heure fermé. On partage les verres avec le public, certains sont déconcertés, les autres alléchés… la suite, c’est un chien qui nous donne le ton :

il exécute une petite chorégraphie de la tête, des pattes et de la queue, qui se termine allongée… et nous avec. Regards et pavillons tournés vers le ciel, dans le cadre offert par le sommet des immeubles qui encerclent la place, deux hirondelles tourbillonnent à tire d’ailes… mais avant la fin du morceau,

c’est une centaine d’oiseaux qui tournoient au dessus de nous. Un véritable balai aérien offert aux yeux de tous, pour clôturer cette sortie. Le public, qui s’est encore étoffé, est tout étourdi. On partage un dernier moment ensemble, la chaussette-chapeau est bien lourde, on vend nos dernières phonocartes, des photos de famille, échanger quelques mots, avant de retourner aux loges. En passant devant la restauration du festival, on s’arrête un instant rendre hommage aux cuistots en leur jouant un clap-clap bien mérité !!!!

Samuel Tailliez

15 juin 2015 – Merano